ma revue de presse journalière

18 août 2017

Publié sur le Grand soir :

La Chine empêchera toute tentative de frappe préventive des USA contre la Corée du Nord - (Global Times)

People's Liberation Army soldier © Jason Lee / Reuters

La Chine empêchera toute tentative américaine ou sud-coréenne de mener des frappes préventives sur la Corée du Nord ainsi que toute tentative de prendre le leadership local, mais elle restera neutre si Pyongyang lance ses missiles le premier sur des cibles américains, déclare le très officiel « Global Time ».

L’avertissement a été délivré par l’entremise d’un éditorial du Quotidien d’Etat ce jeudi, alors que les USA et la Corée du Nord continuaient à échanger des remarques incendiaires, augmentant le risque d’une action disproportionnée ou d’une mauvaise estimation au sujet de la crise.

Pékin tient à être clair : «  Si la Corée du nord lance des missiles qui menacent le sol des USA et que les USA répliquent, la Chine restera neutre ", déclare le « Global Time ».

Mais si les USA et leur allié Sud-Coréen attaquent Pyongyang et tentent de «  renverser le Régime Nord-Coréen et changer le paysage politique de la Péninsule Coréenne », la Chine fera en sorte d’agir pour que cela ne soit pas possible, insiste l’article.

Le quotidien de masse, publié par la presse quotidienne officielle du Parti Communiste, précise aussi que les derniers événements sont vus par Pékin avec une irritation grandissante et de profondes implications.

Si la Guerre éclate réellement, les USA ne pourront en tirer aucun bénéfice stratégique et la Corée du Nord sera placée face à des risques sans précédents » alerte l’article. « La Corée du Nord souhaite pousser les USA à la négociation avec elle, alors que les USA désirent la pousser dan ses derniers retranchements ».

JPEG - 36.2 ko
« La nouvelle guerre de Corée peut éclater à tout moment », (Ministre chinois des Affaires Etrangères).

Pékin est n’est pas en mesure aujourd’hui « de persuader Washington ou Pyongyang de reculer », précise le « Global Times », ajoutant qu’il soutenait en premier la Paix et la Stabilité ans la Région. Toutes les parties impliquées dans cette crise doivent comprendre que « si leurs actes mettent en danger les intérêts de la Chine, la Chine ripostera très fermement en premier », explique l’article gouvernemental.

La Chine et la Corée du Nord sont des alliés économiques et idéologique de longue date, et ont répété ce vendredi que tous les côtés impliqués dans la crise devaient « parler et agir avec précaution » afin de construire vraiment au lieu  « d’alterner dans des démonstrations de force », ainsi que le Ministre des Affaires Etrangères l’a précisé à Reuter.

Au début de la semaine, le president des Etats-Unis, Donald Trump a jeté de l’huile sur le feu de la Crise Nord Coréenne, en déclarant que se précédentes menaces de lâcher « le Feu et la Fureur comme le Monde ne l’avait jamais vu », n’étaient peut-être « pas assez fortes ».

Parlant ce vendredi dans son golf de Bedminster, dans le New-Jersey, Trump a déclaré que les Nord Coréens « feraient bien d’en prendre acte ensemble ou qu’ils seraient soumis à des pressions comme peu de nations ont pu les subir en ce Monde ». Cette menace ouverte de Washington vient après que Pyongyang ait ridiculisé le « Feu et la Fureur » comme une « immense imbécillité ».

Pyongyang avait  aussi dévoilé un plan détaillé qu’il venait juste de mettre au point permettant d’atteindre avec ses missiles la Base militaire US de Guam dans le Pacifique. En retour, les Militaires US avaient signalé qu’ils enverraient leurs bombardiers stratégiques B- 1 bombarder les sites de lancement de missiles, les installations souterraines et autre installations de Corée du Nord.

Un pareil « jeu irresponsable » pourrait avoir de graves conséquences déclare le Global Times. « Personne, ni Washington, ni Pyongyang ne désire réellement la guerre, mais la guerre peut éclater de diverses manières et ils n’ont aucune capacité de tenir  untel jeu extrême sous contrôle ».

JPEG - 33.1 ko
Trump : "Les solutions militaires sont chargées et verrouillées contre la Corée du Nord".

« Les enjeux sont extrêmement élevés et chaque côté semble prêt pour le scénario du pire », confirme un ancien Général à la retraite Pavel Zoltarev, un spécialiste russe respecté, qui déclare à RT que la décision prise à Washington est « hors de toute logique, et que nous pourrions en subir de graves conséquences difficiles à estimer à priori ».

« Chaque Armée de chaque pays se doit élaborer un éventail de stratégies correspondant à toutes éventualités. Ce sont les Politiques, pas les Militaires, qui décident de comment user ou non de ces plans... Aussi, si les militaires nord-coréens parlent de tels plans, c’est qu’ils les possèdent effectivement » déclare-t-il dans ses commentaires au sujet des menaces de Pyongyang sur Guam.

« L’armée nord-coréenne peut infliger de graves dommages  aux Forces armées de USA en cas de conflit conventionnel. Même si leurs équipement sont bien loin derrière ceux des Américains, leur capacité de combat ainsi que leur moral sont bien plus hauts » déclare le général en retraite.

Traduit par Geb.

Notes de Geb : "Echec et Pat".

Trump vient de se prendre une baffe par Xi. La même qu’Obama s’est prise avec Poutine lors de la "Ligne rouge en Syrie" sur les Armes chimiques d’Assad.

On attend l’information dans la Presse française. Ca va être dur à expliquer pour certains.

»» https://www.rt.com/news/399310-china-prevent-us-strike-nkorea/
URL de cet article 32184 https://www.legrandsoir.info/la-chine-empechera-toute-tentative-de-frappe-preventive-des-usa-contre-la-coree-du-nord-global-times.html

Posté par ALLIENORD à 11:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Publié sur LE GRAND SOIR :

Le battage médiatique contre la Corée du Nord a-t-il pour but de relancer la guerre des étoiles de Reagan ?

Depuis que Trump a menacé la Corée du Nord (la RPDC), du « feu et de la fureur » des Etats-Unis, la raison est revenue aux personnes dotées d’un minimum de bon sens. Les experts ont largement cessé de parler d’attaques préventives sur la Corée du Nord, attaques qui n’ont d’ailleurs jamais été sérieusement envisagées. La Corée du Nord a de nombreux moyens de riposter à une frappe et ils pourraient tous causer des dommages catastrophiques à la Corée du Sud et au Japon et, partant, aux intérêts américains en Asie.

Il est possible de dissuader la Corée du Nord d’utiliser ses armes nucléaires de la même manière qu’on en dissuade tous les États dotés d’armes nucléaires. Malheureusement, le conseiller en sécurité nationale McMaster n’a pas encore compris ce simple fait :

STEPHANOPOULOS : Mais votre prédécesseur, Susan Rice, a écrit cette semaine que les États-Unis pouvaient tolérer les armes nucléaires en Corée du Nord de la même manière que nous avons toléré les armes nucléaires en Union soviétique dans une bien plus grande mesure pendant la guerre froide. A-t-elle raison ?

MCMASTER : Non, elle a tort. Comment la théorie classique de la dissuasion pourrait-elle s’appliquer à un régime comme le régime de la Corée du Nord ? Un régime qui fait preuve d’une brutalité indescriptible envers son propre peuple ? Un régime qui constitue une menace permanente pour ses voisins dans la région et qui peut maintenant constituer une menace, une menace directe, pour les États-Unis avec ses armes de destruction massive ? Un régime qui emprisonne et menace quiconque semble s’opposer à lui, y compris les membres de sa propre famille, en utilisant du gaz Sarin dans un aéroport public ?

La dissuasion classique a marché contre l’Union soviétique aussi bien que contre la Chine de Mao. (Et à l’inverse, elle a également marché contre les États-Unis.) Comme la Corée du Nord, ces deux régimes étaient censément des régimes qui réprimaient brutalement les dissidents internes et menaçaient leurs voisins et les adversaires militaires des États-Unis. S’ils pouvaient être dissuadés, alors la Corée du Nord peut également l’être.

Pour ramener l’équipe Trump à la réalité, la Chine a réaffirmé qu’elle garantirait la sécurité de la Corée du Nord. The Global Times, un porte-parole non officiel du Parti communiste chinois, a écrit dans un éditorial :

« Il faudrait que la Chine précise également que si la Corée du Nord lance, la première, des missiles qui menacent le sol américain, et que les États-Unis ripostent, la Chine restera neutre, » [...].

« Mais si les États-Unis et la Corée du Sud se livrent à des frappes préventives et tentent de renverser le régime nord-coréen pour changer le modèle politique de la péninsule coréenne, la Chine les empêchera de le faire ».

Toute guerre non provoquée contre la Corée du Nord deviendrait donc une guerre avec la Chine et personne ne veut sérieusement se lancer dans une telle aventure. La seule voie raisonnable est de négocier un nouvel équilibre entre les intérêts nord-coréens et américains.

Les États-Unis continuent à mener des manœuvres à grande échelle avec la Corée du Sud et à faire voler des bombardiers stratégiques à capacité nucléaire près des frontières nord-coréennes. Cela force l’armée de la Corée du Nord à maintenir un niveau d’alerte élevé et coûteux, pour se prémunir contre de potentielles attaques surprises. L’une des raisons pour laquelle la Corée du Nord a développé l’arme nucléaire est de diminuer la nécessité d’être toujours prêt à se défendre dans une guerre conventionnelle.

La Corée du Nord a offert plusieurs fois de mettre fin à tous ses essais de missiles et d’armes nucléaires si les États-Unis arrêtaient leurs grandes manœuvres près de ses frontières. L’administration Trump a rejeté ses offres, mais la Corée du Nord vient d’augmenter la pression avec ses tests récents.

La semaine dernière, la Corée du Nord a de nouveau offert de limiter ses efforts si les États-Unis mettaient fin à certaines de leurs provocations. Elle a annoncé un éventuel test de quatre missiles en direction de la base des États-Unis sur l’île de Guam. Les bombardiers américains stratégiques qui volent près de la Corée du Nord décollent habituellement de Guam. Peu de personnes ont remarqué que l’annonce était assortie d’une condition et d’une offre :

Les bombardiers stratégiques nucléaires venant de Guam qui volent au-dessus de la Corée du Sud mènent ouvertement des exercices de guerre réelle avec toute la force nécessaire pour frapper les bases stratégiques de la RPDC. Cette situation extrême force la KPA (armée nord-coréenne, ndt) à surveiller constamment Guam, l’avant-poste et la tête de pont des Etats-Unis pour envahir la RPDC, et à prendre les mesures nécessaires, des mesures concrètes de grande envergure, pour empêcher cela.

Dans la matinée du 8 août, les pirates aériens de Guam sont apparus dans le ciel au-dessus de la Corée du Sud pour mettre en scène une série d’exercices simulant une guerre réelle dignes d’un fou furieux.
...
[Les États-Unis] devraient immédiatement arrêter leurs provocations militaires irresponsables contre la Corée du Nord sinon elle sera obligée de faire un choix militaire inévitable.

En d’autres termes : Arrêtez les vols en provenance de Guam sinon nous allons tester nos missiles en ciblant des zones proches de l’île. Les États-Unis n’ont aucune défense capable de détruire quatre missiles lancés simultanément vers Guam. Si la Corée du Nord mettait sa menace à exécution, les États-Unis perdraient la face. S’ils essayaient d’intercepter les missiles et qu’ils échouaient, ils perdraient encore plus la face. Je suis convaincu que les vols stratégiques des bombardiers de Guam au-dessus de la Corée du Sud cesseront bientôt.

Plusieurs commentateurs ont affirmé que les États-Unis exagéraient les capacités nord-coréennes. Que la confirmation par les services de Renseignements de l’existence de têtes nucléaires miniaturisés en Corée du Nord est un mensonge, que les missiles nord-coréens ne sont pas assez puissants pour atteindre les États-Unis ou que les têtes nucléaires utilisées par la Corée du Nord dans les essais récents ne sont pas suffisamment solides pour protéger leur charge nucléaire en rentrant dans l’atmosphère. Mais la Corée du Nord a exhibé une tête nucléaire miniaturisée en mars 2016. La portée d’un missile est variable et dépend en grande partie de la taille de la charge utile et du temps de combustion, et l’échec du test du 16 avril 2017 vient de la trajectoire inhabituelle que la Corée du Nord avait choisie pour le test. Il y a plus de 50% de chance que la Corée du Nord dise la vérité quand elle prétend pouvoir frapper les États-Unis. Il faut se résoudre à l’évidence et accepter l’idée que la Corée du Nord est désormais un État doté d’armes nucléaires et que ses multiples missiles nucléaires sont en capacité d’atteindre les États-Unis.

Ceux qui disent que les agences de renseignement des États-Unis exagèrent les capacités nord-coréennes mentent probablement. Mais ils ont raison de le faire pour essayer d’empêcher l’administration Trump, le Pentagone et les marchands d’armes d’en profiter pour faire avancer leurs objectifs et/ou leurs intérêts.

Un expert en marketing de défense antimissile a déclaré aujourd’hui que les moteurs des lanceurs de missiles nord-coréens utilisés dans les essais récents ont été achetés dans des usines d’Ukraine ou de Russie. Les propagandistes patentés du New York Times ont repris sa déclaration pour alimenter leur parti-pris anti-russe :

Mr. Elleman n’a pas pu exclure la possibilité qu’une grande entreprise de missiles russes, Energomash, qui a de solides liens avec le complexe ukrainien, ait joué un rôle dans le transfert de la technologie des moteurs RD-250 vers la Corée du Nord. Il a déclaré que les moteurs RD-250 restants pourraient également être stockés dans des entrepôts russes.

Mais les moteurs en question sont d’une taille et d’une force différentes de celles des moteurs R-250 et les événements ne peuvent pas s’être déroulés dans le temps comme ils le prétendent. Le gouvernement ukrainien a nié tout transfert de missiles ou de plans. L’article a été réfuté en l’espace de quelques heures par deux experts éminents. Mais impliquer la Russie, même si c’est saugrenu, est toujours une bonne chose si l’on veut vendre plus d’armes.

Un des dadas du Pentagone est le système de défense antimissile de moyenne portée THAAD qui va maintenant être installé en Corée du Sud. Ceci, alors que le Pentagone est incapable de défendre la Corée du Sud même contre les missiles nord-coréens de courte portée. Le système antimissile cible clairement la Chine.

L’admirateur de Reagan qui règne actuellement à la Maison Blanche pourrait bientôt relancer l’Initiative de défense stratégique de Reagan, surnommée la « guerre des étoiles », lancée en 1984. L’Initiative incarnait le rêve coûteux et irréaliste des lasers et autres gadgets dans l’espace. Dans le cadre de l’Initiative, les militaires américains ont injecté des centaines de milliards dans un système de défense global contre les missiles balistiques, qui aurait protégé les États-Unis contre les missiles intercontinentaux. Le programme a été enterré au début des années 1990. Un des rejetons de la guerre des étoiles a survécu. C’est le National Missile Defense (bouclier anti-missile) avec ses 40 intercepteurs en Alaska et en Californie. Il n’a jamais bien fonctionné et ne fonctionnera probablement jamais bien. Si le bouclier fonctionnait comme promis, il n’y aurait aucune raison de craindre les missiles intercontinentaux nord-coréens. La défense antimissile est en grande partie un moyen frauduleux de transférer des milliards de dollars des contribuables américains à divers conglomérats de fabricants d’armes.

Je m’attends à ce que la « menace » nord-coréenne soit bientôt utilisée pour lancer « Initiative de défense stratégique – Suite », dans un nouvel effort pour militariser l’espace en jetant des milliards de dollars dans des projets de « défense » futuristes complètement inutiles. Cela consolera le Pentagone des succès que la Corée du Nord vient de remporter en dépit des décennies de tentatives étatsuniennes pour  la soumettre.

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/08/north-korea-and-the-remake-of-rea...
URL de cet article 32197 https://www.legrandsoir.info/le-battage-mediatique-contre-la-coree-du-nord-a-t-il-pour-but-de-relancer-la-guerre-des-etoiles-de-reagan.html

   

Posté par ALLIENORD à 11:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

INSTRUCTIF !!!

16/08/17

Interprétations divergentes au sein du camp anti-impérialiste - par Thierry MEYSSAN

Voilà une analyse qui renouvelle considérablement la réflexion sur les stratégies à mettre en oeuvre pour résister aux objectifs et procédés actuels de l'impérialisme des USA

***

Interprétations divergentes au sein du camp anti-impérialiste

Thierry MEYSSAN

Lorsque son pays a été attaqué par les jihadistes, en 2011, le président Bachar el-Assad a réagi à contre-courant : au lieu de renforcer les pouvoirs des services de sécurité, il les a diminués. Six ans plus tard, son pays est en train de sortir vainqueur de la plus importante guerre depuis celle du Vietnam. Le même type d’agression est en train de se produire en Amérique latine où il suscite une réponse bien plus classique. Thierry Meyssan expose ici la différence d’analyse et de stratégie des présidents Assad d’un côté, Maduro et Morales de l’autre. Il ne s’agit pas de placer ces leaders en concurrence, mais d’appeler chacun à s’extraire des catéchismes politiques et à prendre en compte l’expérience des dernières guerres.

| Damas (Syrie) | 15 août 2017
+

En mai 2017, Thierry Meyssan expliquait sur Russia Today en quoi les élites sud-américaines font fausse route face à l’impérialisme US. Il insistait sur le changement de paradigme des conflits armés actuels et la nécessité de repenser radicalement la manière de défendre la patrie.

L’opération de déstabilisation du Venezuela se poursuit. Dans un premier temps, des groupuscules violents, manifestant contre le gouvernement, ont tué des passants, voire des citoyens qui s’étaient joints à eux. Dans un second temps, les grands distributeurs de denrées alimentaires ont organisé une pénurie dans les supermarchés. Puis, quelques membres des forces de l’ordre ont attaqué des ministères, appelé à la rébellion et sont entrés dans la clandestinité.

La presse internationale ne cesse d’attribuer au « régime » les morts des manifestations alors que de nombreuses vidéos attestent qu’ils ont été délibérément assassinés par les manifestants eux-mêmes. Sur la base de ces informations mensongères, elle qualifie le président Nicolas Maduro de « dictateur » comme elle l’a fait, il y a six ans, vis-à-vis de Mouamar Kadhafi et de Bachar el-Assad.

Les États-Unis ont utilisé l’Organisation des États Américains (OEA) contre le président Maduro à la manière dont ils ont jadis utilisé la Ligue arabe contre le président el-Assad. Caracas, n’attendant pas d’être exclu de l’Organisation en a dénoncé la méthode et l’a lui même quittée.

Le gouvernement Maduro a cependant deux échecs à son actif : - une grande partie de ses électeurs ne s’est pas déplacée aux urnes lors des élections législatives de décembre 2015, laissant l’opposition rafler la majorité au Parlement. - il s’est laissé surprendre par la crise des denrées alimentaires, alors même que celle-ci avait déjà été organisée par le passé au Chili contre Allende et au Venezuela contre Chávez. Il lui a fallu plusieurs semaines pour mettre en place de nouveaux circuits d’approvisionnement.

Selon toute vraisemblance, le conflit qui débute au Venezuela ne s’arrêtera pas à ses frontières. Il embrasera tout le nord-ouest du continent sud-américain et les Caraïbes.

Un pas supplémentaire a été franchi avec des préparatifs militaires contre le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur, depuis le Mexique, la Colombie et la Guyane britannique. Cette coordination est opérée par l’équipe de l’ancien Bureau stratégique pour la démocratie globale (Office of Global Democracy Strategy) ; une unité créée par le président Bill Clinton, puis poursuivie par le vice-président Dick Cheney et sa fille Liz. Son existence a été confirmée par Mike Pompeo, l’actuel directeur de la CIA. Ce qui a conduit à l’évocation dans la presse, puis par le président Trump, d’une option militaire US.

Pour sauver son pays, l’équipe du président Maduro a refusé de suivre l’exemple du président el-Assad. Selon elle, les situations sont complètement différentes. Les États-Unis, principale puissance capitaliste, s’en prendraient au Venezuela pour lui voler son pétrole, selon un schéma maintes fois répété dans le passé sur trois continents. Ce point de vue vient d’être conforté par un récent discours du président bolivien, Evo Morales.

Souvenons-nous qu’en 2003 et en 2011, le président Saddam Hussein, le guide Mouammar Kadhafi et de nombreux conseillers du président Assad tenaient le même raisonnement. Selon eux, les États-Unis s’attaquaient successivement à l’Afghanistan et à l’Irak, puis à la Tunisie, à l’Égypte, à la Libye et à la Syrie uniquement pour faire tomber les régimes qui résistaient à leur impérialisme et contrôler les ressources en hydrocarbures du Moyen-Orient élargi. De nombreux auteurs anti-impérialistes poursuivent aujourd’hui cette analyse, par exemple en essayant d’expliquer la guerre contre la Syrie par l’interruption du projet de gazoduc qatari.

Or, ce raisonnement s’est révélé faux. Les États-Unis ne cherchaient ni à renverser les gouvernements progressistes (Libye et Syrie), ni à voler le pétrole et le gaz de la région, mais à détruire les États, à renvoyer les populations à la préhistoire, à l’époque où « l’homme était un loup pour l’homme ».

Les renversements de Saddam Hussein et de Mouamar Kadhafi n’ont pas rétabli la paix. Les guerres ont continué malgré l’installation d’un gouvernement d’occupation en Irak, puis de gouvernements dans la région incluant des collaborateurs de l’impérialisme opposés à l’indépendance nationale. Elles continuent encore attestant que Washington et Londres ne voulaient pas renverser des régimes, ni défendre des démocraties, mais bien écraser des peuples. C’est une constatation fondamentale qui bouleverse notre compréhension de l’impérialisme contemporain.

Cette stratégie, radicalement nouvelle, a été enseignée par Thomas P. M. Barnett dès le 11-Septembre 2001. Elle a été publiquement révélée et exposée en mars 2003 —c’est-à-dire juste avant la guerre contre l’Irak— dans un article d’Esquire, puis dans le livre éponyme The Pentagon’s New Map, mais elle paraît si cruelle que personne n’a imaginé qu’elle puisse être mise en œuvre.

Il s’agit pour l’impérialisme de diviser le monde en deux : d’un côté une zone stable qui profite du système, de l’autre un chaos épouvantable où nul ne pense plus à résister, mais uniquement à survivre ; une zone dont les multinationales puissent extraire les matières premières dont elles ont besoin sans rendre de compte à personne.

JPEG - 372.8 ko
Selon cette carte, extraite d’un Powerpoint de Thomas P. M. Barnett lors d’une conférence au Pentagone en 2003, tous les États de la zone rosée doivent être détruits. Ce projet n’a rien à voir ni avec la lutte des classes au plan national, ni avec l’exploitation des ressources naturelles. Après le Moyen-Orient élargi, les stratèges US se préparent à réduire en ruines le Nord-Ouest de l’Amérique latine.

Depuis le XVIIème siècle et la guerre civile britannique, l’Occident s’est développé dans la hantise du chaos. Thomas Hobbes nous a appris à supporter la raison d’État plutôt que de risquer de revivre ce tourment. La notion de chaos ne nous est revenue qu’avec Leo Strauss, après la Seconde Guerre mondiale. Ce philosophe, qui a personnellement formé de nombreuses personnalités du Pentagone, entendait construire une nouvelle forme de pouvoir en plongeant une partie du monde en enfer.

L’expérience du jihadisme au Moyen-Orient élargi nous a montré ce qu’est le chaos.

S’il a réagi comme on l’attendait de lui aux événements de Deraa (mars-avril 2011), en envoyant l’armée réprimer les jihadistes de la mosquée al-Omari, le président el-Assad a été le premier à comprendre ce qui se passait. Loin d’accroître les pouvoirs des forces de l’ordre pour réprimer l’agression extérieure, il a donné au peuple les moyens de défendre le pays.

Premièrement, il a levé l’état d’urgence, dissout les tribunaux d’exception, libéré les communications Internet, et interdit aux forces armées de faire usage de leurs armes si cela pouvait mettre en danger des innocents.

Ces décisions à contre-courant étaient lourdes de conséquences. Par exemple, lors de l’attaque d’un convoi militaire à Banias, les soldats se sont retenus de faire usage de leurs armes en légitime défense. Ils ont préféré être mutilés par les bombes des assaillants, et parfois mourir, plutôt que de tirer au risque de blesser les habitants qui les regardaient se faire massacrer sans intervenir.

Comme beaucoup, à l’époque, j’ai cru que c’était un président faible et des soldats trop loyaux, que la Syrie allait être écrasée. Pourtant, six ans plus tard, Bachar el-Assad et les armées syriennes ont gagné leur pari. Si au départ, les soldats ont lutté seuls contre l’agression étrangère, petit à petit, chaque citoyen s’est impliqué, chacun à son poste, pour défendre le pays. Ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu résister se sont exilés. Certes les Syriens ont beaucoup souffert, mais la Syrie est le seul État au monde, depuis la guerre du Vietnam, à avoir résisté jusqu’à ce que l’impérialisme se lasse et renonce.

Deuxièmement, face à l’invasion d’une multitude de jihadistes issus de toutes les populations musulmanes, du Maroc à la Chine, le président Assad a décidé d’abandonner une partie du territoire pour sauver son peuple.

L’armée arabe syrienne s’est repliée dans la « Syrie utile », c’est-à-dire dans les villes, abandonnant les campagnes et les déserts aux agresseurs. Tandis que Damas veillait sans aucune interruption à l’approvisionnement en nourriture de toutes les régions qu’il contrôlait. Contrairement à une idée reçue en Occident, il n’y a eu de famine que dans les zones contrôlées par les jihadistes et dans quelques villes assiégées par eux ; les « rebelles étrangers » (pardonnez l’oxymore), approvisionnés par les associations « humanitaires » occidentales, utilisant la distribution de colis de nourriture pour soumettre les populations qu’ils affamaient.

Le peuple syrien a constaté par lui-même que seule la République, et pas les Frères musulmans et leurs jihadistes, les nourrissait et les protégeait.

Troisièmement, le président Assad a tracé, lors d’un discours prononcé le 12 décembre 2012, la manière dont il entendait refaire l’unité politique du pays. Il a notamment indiqué la nécessité de rédiger une nouvelle constitution et de la soumettre à adoption par une majorité qualifiée du peuple, puis de procéder à l’élection démocratique de la totalité des responsables institutionnels, y compris le président bien sûr.

À l’époque, les Occidentaux se sont gaussés de la prétention du président Assad de convoquer des élections en pleine guerre. Aujourd’hui, la totalité des diplomates impliqués dans la résolution du conflit, y compris ceux des Nations unies, soutiennent le plan Assad.

Alors que les commandos jihadistes circulaient partout dans le pays, y compris à Damas, et assassinaient les hommes politiques jusque chez eux avec leur famille, le président Assad a encouragé ses opposants nationaux à prendre la parole. Il a garanti la sécurité du libéral Hassan el-Nouri et du marxiste Maher el-Hajjar pour qu’ils prennent, eux aussi, le risque de se présenter à l’élection présidentielle de juin 2014. Malgré l’appel au boycott des Frères musulmans et des gouvernements occidentaux, malgré la terreur jihadiste, malgré l’exil à l’étranger de millions de citoyens, 73,42 % des électeurs ont répondu présents.

Identiquement, dès le début de la guerre, il a créé un ministère de la Réconciliation nationale, ce que l’on n’avait jamais vu dans un pays en guerre. Il l’a confié au président d’un parti allié, le PSNS, Ali Haidar. Celui-ci a négocié et conclu plus d’un millier d’accords actant l’amnistie de citoyens ayant pris les armes contre la République et leur intégration au sein de l’Armée arabe syrienne.

Durant cette guerre, le président Assad n’a jamais utilisé la contrainte contre son propre peuple, quoi qu’en disent ceux qui l’accusent gratuitement de tortures généralisées. Ainsi, il n’a toujours pas instauré de levée en masse, de conscription obligatoire. Il est toujours possible pour un jeune homme de se soustraire à ses obligations militaires. Des démarches administratives permettent à tout citoyen mâle d’échapper au service national s’il ne souhaite pas défendre son pays les armes à la main. Seuls des exilés qui n’ont pas eu l’occasion de procéder à ces démarches peuvent se trouver en contravention avec ces lois

Durant six ans, le président Assad n’a cessé d’une main de faire appel à son peuple, de lui donner des responsabilités et, de l’autre, de tenter de le nourrir et de le protéger autant qu’il le pouvait. Il a toujours pris le risque de donner avant de recevoir. C’est pourquoi, aujourd’hui, il a gagné la confiance de son peuple et peut compter sur son soutien actif.

Les élites sud-américaines se trompent en poursuivant le combat des décennies précédentes pour une plus juste répartition des richesses. La lutte principale n’est plus entre la majorité du peuple et une petite classe de privilégiés. Le choix qui s’est posé aux peuples du Moyen-Orient élargi et auquel les Sud-Américains vont devoir répondre à leur tour est de défendre la patrie ou de mourir.

Les faits le prouvent : l’impérialisme contemporain ne vise plus prioritairement à faire main basse sur les ressources naturelles. Il domine le monde et le pille sans scrupules. Aussi vise-t-il désormais à écraser les peuples et à détruire les sociétés des régions dont il exploite déjà les ressources.

Dans cette ère de fer, seule la stratégie Assad permet de rester debout et libre.

<:ver_imprimer:> Facebook Twitter Delicious Seenthis Digg RSS

Posté par ALLIENORD à 11:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

ATTENTION !!! c'est la tête qui est pourrie , mais à la base dans les Entreprises , il y a des militants honnêtes !!!

Recasement pour services rendus !                                                                                    

Publié le    17 août 2017       par FSC                                                                                            

C'est un classique dans l'histoire du mouvement syndical!

L'oligarchie de droite et de gauche veille toujours à recaser ceux qui d'une manière ou d'une autre collaborent à la mise en oeuvre de ses objectifs.

C'est vrai pour maints dirigeants de FO, de la CFDT (Nicole Notat, Chérèque ...) et malheuresement de dirigeants de la CGT!

Dans la dénonciation de ces faits les forces réactionnaires et d'extrême droite visent de surcroît  à discréditer le syndicalisme lui-même comme si tous les militants dévoués à la cause des travailleurs, exposés eux à la répression étaient à ranger dans le même sac!

C'est aussi pourquoi les militants, les organisations doivent veiller comme à la prunelle de leurs yeux à la plus grande transparence sur l'activité et les orientations des dirigeants, la corruption étant une arme permanente employée par la classe dirigeante!

Se reporter à cet égard au discours du Secrétaire Général de la FSM George Mavrikos au Chili, le 19.11.2011 La corruption de syndicalistes - phénomène social”-

http://​​​​​​​http://www.frontsyndical-classe.org/article-la-corruption-de-syndicalistes-phenomene-social-discours-du-secretaire-general-de-la-fsm-george-m-90702702.html

EXTRAITS :

« La forte influence du réformisme et de l’opportunisme dans le mouvement syndical au cours des années rend indispensable la capacité du mouvement de classe à étudier et à comprendre exactement les causes sociales de ce phénomène dans le but d’affronter de manière efficace les forces qui les cultivent. »

Déjà au XIXe siècle, Karl Marx a souligné, dans la critique des syndicats anglais, la possibilité qu’ offrait le monopole industriel anglais à la bourgeoisie d’Angleterre dans le marché international pour acheter et incorporer de nombreuses couches de la classe ouvrière, surtout parmi les travailleurs qualifiés.

...

_________

SOURCE : capital 

Publié le 16/08/2017

Le placard doré de Thierry Lepaon,

ex-patron de la CGT

Il dirige l’Agence nationale de lutte contre l'illettrisme et la délégation interministérielle à la langue française pour la cohésion sociale. Après l’affaire des travaux, Thierry Lepaon a su se recaser.

On peut dire que François Hollande a été grand seigneur avec Thierry Lepaon. Quand l'ex-patron de la CGT a dû quitter la tête du syndicat pour une affaire de travaux dans son appartement début 2015, il s'est en effet empressé de lui trouver un point de chute : la présidence de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, une structure de douze personnes installée à Lyon. Mais comme cela ne suffisait pas, il l'a aussi nommé en février dernier à la tête d'une délégation interministérielle à la langue française pour la cohésion sociale.

Logée dans la tour Mirabeau, quai André-Citroën, à Paris, la petite cellule, actuellement composée de six personnes, “devrait atteindre huit ou neuf salariés début 2018”, assure Thierry Lepaon. En attendant, ce dernier devait créer un Conseil d'orientation stratégique sur la langue française et la cohésion sociale, avec une cinquantaine de personnes cette fois. Dix-huit délégués régionaux vont aussi être nommés. Question budget, les arbitrages sont en cours, mais Thierry Lepaon a demandé “30 millions pour commencer, et 50 millions en année pleine”.

Vu les enjeux actuels avec la CGT sur la réforme du travail, il y a peu de chances qu'Emmanuel Macron se montre mesquin. Reste une question : comment cette nouvelle structure va-t-elle cohabiter avec l'actuelle Agence contre l'illettrisme, surtout si l'Agence de la langue française promise par le précédent gouvernement finit par voir le jour ? “Pour l'instant, on ne sait rien !”, se contente-t-on de répondre.

 

Posté par ALLIENORD à 11:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Honteux et personne n'en parle !!!

Comment Gaza a été réduite à une enclave invivable

Des petits Palestiniens remplissent des jerrycans avec de l’eau potable dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 17 juin 2017 – Photo Abed Rahim Khatib/Flash 90

 

Comment peut-on vivre dans un endroit où on a l’électricité seulement quelques heures par jour, et l’eau seulement huit heures tous les quatre jours ?


 

Par Michael Lynk – Le 9 août 2017 – Source Chronique de Palestine

Gaza et Tel Aviv se trouvent à seulement 75 kilomètres l’une de l’autre. Les deux villes partagent le même sol sablonneux et les mêmes étés brûlants du Levant. Mais les similitudes s’arrêtent là. Si on prenait la nuit une image satellite de la Méditerranée orientale on verrait sur Tel Aviv un flamboiement de lumière incandescente, et seulement quelques petites lumières pâles, un peu plus loin, sur le rivage de Gaza.

 

 
Gaza arrive dans son troisième mois de la restriction, imposée de l’extérieur, de son accès déjà insuffisant à l’électricité. L’enclave de deux millions de personnes nécessiterait normalement environ 450 mégawatts (MW) d’électricité par jour pour avoir de l’électricité 24 heures sur 24. Cependant, au cours de la dernière décennie, du fait du rigoureux blocus israélien de Gaza, sa fourniture d’énergie est passée à quelque 200 MW, ce qui a entraîné des pannes de courant continuelles. Mais au cours des derniers mois, selon l’organisation israélienne des droits humains Gisha, la fourniture d’électricité de Gaza a varié chaque jour entre 140 MW et 70 MW, rallongeant d’autant les pannes et les souffrances de la population.
 
La première cause de la pénurie d’électricité réside dans le différend entre l’Autorité palestinienne (AP) et le Hamas sur la taxation des carburants. Cela a incité l’Autorité palestinienne à demander à Israël de réduire les 120 MW qu’il vendait quotidiennement à Gaza, à environ 70 MW, et Israël l’a fait.
 
Une deuxième source d’électricité de Gaza est l’unique centrale électrique de Gaza, qui ne peut produire que 50-55 MW par jour (et seulement, quand il est possible d’importer du carburant d’Égypte). La centrale électrique a été gravement endommagée par les bombardements israéliens en 2006 et à nouveau en 2014, et Israël a limité l’entrée de pièces de rechange à Gaza. Si l’usine était entièrement opérationnelle, elle pourrait produire environ 140 MW.
 
La troisième source d’approvisionnement en électricité de Gaza provient de l’Égypte, qui fournit environ 28MW par jour, avec actuellement beaucoup de coupures. Et la quatrième source est constituée de panneaux solaires individuels et de générateurs que seuls les plus aisés peuvent s’offrir.
 
Les conséquences sociales de cette terrible pénurie d’électricité sont graves. Les ménages sans générateurs ou sans panneaux solaires – la grande majorité des Gazaouis – ont entre 4 et 6 heures d’électricité par jour dans le meilleur des cas, suivies de 12 à 16 heures de coupure. Les hôpitaux sont obligés d’avoir d’énormes générateurs et de rationner l’électricité. Les commerces et les entreprises sont obligés de fermer. Plus de 100 millions de litres d’eaux usées non traitées se déversent quotidiennement dans la Méditerranée, polluent les plages et les lieux de pêche. Il faut acheter la nourriture au jour le jour et la consommer rapidement. Le service Internet – le seul lien de presque tous les Gazaouis avec le monde extérieur – est sporadique. Et il y a peu d’électricité disponible pour la climatisation et les ventilateurs permettant de lutter contre la chaleur étouffante de l’été.
 
 
Le contexte de la pénurie à Gaza
 
L’équipe de pays des Nations Unies (UNCT) dans le territoire palestinien occupé a récemment publié un rapport sans concession (PDF), sur l’impact humanitaire des 10 ans de blocus israélien de Gaza et des divisions politiques internes des Palestiniens. Ses conclusions sont terribles : l’appauvrissement de Gaza est entièrement dû à des décisions humaines, et non à des causes naturelles.
 
L’année 2007 a été le début de la fin pour Gaza. En juillet de cette année-là, Israël a imposé un blocus total à la bande de Gaza en déclarant qu’elle était une « entité ennemie ». La vie avant 2007 à Gaza était déjà très difficile, mais depuis elle est devenue catastrophique et sans espoir. Gaza, dont on a pu dire autrefois qu’elle était la future « Singapour du Moyen-Orient », est devenue le symbole de la misère la plus horrible.
 
Selon le rapport de l’ONU, entre 2006 et 2016, le produit intérieur brut (PIB) de Gaza par habitant a diminué de 5,3 %, alors qu’il a progressé de 48,5 % en Cisjordanie occupée.  En 2004, 30% de la population vivait déjà sous le seuil de la pauvreté et il y en a 40% aujourd’hui. Gaza souffre de l’un des taux de chômage les plus élevés au monde, soit 41% fin 2016. Plus de 60 % des Gazaouis qui ont entre 20 et 24 ans sont sans travail et le taux de chômage des femmes a augmenté de 35% à 64% entre 2006 et 2016. En 2017, plus de 60% de la population dépend partiellement ou totalement de l’aide humanitaire. Selon d’autres rapports, la violence sexiste, les divorces, les suicides et la consommation de drogues sont en augmentation régulière.
 
Les secteurs économiques traditionnels de Gaza se détériorent. L’agriculture, l’exploitation forestière, la pêche et la production industrielle sont toutes en déclin et la principale source de croissance provient, tragiquement, de la reconstruction des quartiers détruits lors des trois agressions israéliennes des neuf dernières années.
 
Israël contrôle tout ce qui rentre et sort de Gaza ; le nombre moyen de camions de marchandises sortant de Gaza au cours des cinq premiers mois de 2017, n’est même pas le tiers de ce qu’il était au cours du premier semestre de 2007. « La dégringolade économique de Gaza au cours de la dernière décennie, indique le rapport de l’ONU, est le signe incontestable du recul du développement de la bande de Gaza. »
 
La situation de l’eau potable à Gaza est désespérée. La surexploitation destructrice de l’aquifère côtier a provoqué des irruptions d’eau de mer, et 96 % des eaux souterraines sont maintenant impropres à la consommation humaine.
 
La moitié de la population a accès à l’eau pendant seulement huit heures tous les quatre jours et 30 % des habitants ont de l’eau pendant huit heures tous les trois jours. L’eau des camions citernes est 15-20 fois plus chère que l’eau du réseau, et elle n’est pas de bonne qualité. Comme pour tous les produits rares, ce sont les pauvres et les personnes en état de faiblesse qui sont les plus touchés. Un nouvel accord sur l’eau entre Israël et l’Autorité palestinienne, annoncé récemment, pourrait soulager un peu la population, mais pour bien, il faudrait que Gaza parvienne à l’autosuffisance grâce à des usines de désalinisation et à une production d’électricité sécurisées.
 
Le rapport de l’ONU rappelle au monde entier qu’Israël demeure la puissance occupante à Gaza, car il contrôle ses frontières terrestres, maritimes et aériennes, même s’il n’a plus de « bottes au sol ». En tant que tel, il a l’obligation juridique d’assurer la santé, la dignité et le bien-être de la population. Le rapport souligne en particulier, que « les nombreuses restrictions imposées par Israël à la fois sur les mouvements des personnes et sur les biens entrant et sortant de Gaza violent toute une série de  droits humains élémentaires tels que le droit à la liberté de mouvement et … le droit à la santé, à l’éducation, à un travail, à un niveau de vie décent et à une vie de famille ». Les autres acteurs qui sont responsables de Gaza – le Hamas, l’Autorité palestinienne et l’Égypte – ont également le devoir légal de respecter les standards humanitaires et les droits humains, ce qui n’a pas toujours été le cas au cours des dernières années.
 
En 2012, l’ONU a publié un rapport intitulé Gaza en 2020 : pourra-t-on encore y vivre ? (PDF). Ce rapport était inquiétant, mais le dernier rapport de l’ONU est désespérant. Il conclut que Gaza, en cinq ans, a été victime d’une « spirale descendante de développement », qui a enfermé les habitants de Gaza dans un cercle vicieux de crise humanitaire et de dépendance perpétuelle à l’aide humanitaire.
 
Il ne reste que trois ans avant 2020, et le rapport souligne que, s’il n’est pas mis fin à la situation actuelle, Gaza deviendra encore « plus isolée et plus désespérée » avec le risque de conflits encore plus dévastateurs et d’une économie encore plus exsangue. Si rien n’est fait, il vaut mieux cesser de nourrir l’espoir d’une réconciliation politique entre les Palestiniens et d’une paix durable entre Israël et la Palestine. Alors, est-ce que les images satellites de la nuit à Gaza montreront bientôt quelques lumières ?
 
Michael Lynk est le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967. Il a été nommé en 2016. Il enseigne également à la Faculté de droit de l’université de Western Ontario (London, Ontario, Canada)
 
Traduction : Dominique Muselet

Posté par ALLIENORD à 11:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 août 2017

Honteuse attitude d'une certaine " gauche "

Venezuela : l’indulgence de la presse française (et d’une partie de la gauche) pour la violence d’extrême droite

 

17 août 2017. Les violences de la droite semblent, pour l’heure, avoir pris fin grâce à la mobilisation démocratique venue essentiellement des secteurs populaires – 90 % de la population, indifférents ou exaspérés par trois mois d’une insurrection armée qui a causé la majorité des morts. Depuis l’élection d’une Assemblée Constituante, la droite se déchire sur les causes de son échec, tout en inscrivant ses candidats aux prochaines élections régionales d’octobre…

Je vis depuis 23 ans au Venezuela et jamais je n’ai observé un tel délire, un tel déni de réalité sur le Venezuela. 99 % de propagande martelée tous les jours par 99% des médias ont eu raison de l’esprit critique de 99% des citoyens occidentaux. Comment expliquer le paradoxe qui voit la gauche condamner la résurgence du néo-nazisme aux Etats-Unis mais appuyer en majorité l’extrême-droite raciste du Venezuela, et croire dur comme fer qu’il s’agit d' »une révolte populaire contre un régime répressif » ? La réponse est facile : alors que les médias ont dénoncé les exactions des néo-nazis aux Etats-Unis, ils ont transformé les terroristes vénézuéliens en « combattants de la liberté ». C’est aussi bête que ça. En 2017, plus que jamais, la gauche occidentale est coupée du monde et ne prend plus position en fonction d’un réel donné mais en fonction d’un champ médiatique devenu univoque. Claude Bailblé, professeur de cinéma : « Vu l’absence de source alternative on est supposé admettre les infos comme objectives, alors qu’elles sont scénarisées, répétées jour après jour. Comment démêler des images violentes (incompréhensibles) montées et commentées (de manière compréhensible) et qui font office de vérité, sans une connaissance exacte de la situation ? »

L’arnaque s’opère essentiellement en termes d’inversion. En ce qui concerne le Venezuela, la technique a été utilisée plusieurs fois. En avril 2002 par exemple, alors qu’un putsch du patronat et de militaires de droite avait renversé le président Chavez, les médias internationaux justifièrent le coup d’État en inversant l’ordre des images. Des secteurs populaires tentant de défendre le palais présidentiel avec des armes de fortune devinrent grâce à l’inversion chronologique du montage, des « assassins chavistes embusqués tirant sur une foule d’opposants désarmés ». C’était doublement faux : non seulement la manifestation ne se trouvait pas à cet endroit mais ces « assassins » résistaient aux tirs des snippers putschistes. Une manipulation restée dans les annales grâce au documentaire de Kim Bartley, récompensé par plusieurs prix internationaux,  : « La révolution ne sera pas télévisée » (voir l’explication de l’inversion du montage par la télévision à partir de la minute 25) :

La même gauche tombe aujourd’hui en majorité dans le piège d’une autre inversion médiatique : la mobilisation démocratique du 30 juillet – leçon de courage citoyen et de sagesse politique – qui a permis l’élection d’une assemblée constituante est transformée en « mise en place d’une dictature »… Bref, bienvenue et longue vie dans la Caverne de Platon tant que les médias resteront la propriété de grands groupes privés, donc opposés aux ruptures de l’ordre global. Nous publions ci-dessous une analyse détaillée de la propagande quotidienne en France, réalisée par le Site « Le vent se lève« , sous le titre : Venezuela : l’indulgence de la presse française pour la violence d’extrême-droite.

Thierry Deronne, Caracas, août 2017

59389c60c36188753c8b45b5

Lynchage du jeune afrodescendant Orlando Figuera, brûlé vif par les manifestants de droite au Venezuela.

Au Mexique, la prétendue guerre totale contre les cartels de drogue lancée en 2006 par le président Felipe Calderón et poursuivie par son successeur Enrique Peña Nieto aurait déjà fait entre 70 000 et 100 000 morts et disparus et le bilan macabre continue de s’alourdir. Cependant, la situation au Mexique ne fait pas les gros titres de la presse française ; c’est un autre pays latino-américain traversant une profonde crise économique, sociale et politique, qui retient l’attention des  médias de masse : le Venezuela.

Quel est le ressort de cet effet médiatique de miroir grossissant sur les convulsions vénézuéliennes et d’invisibilisation des autres pays latino-américains ? C’est qu’au-delà du parti pris atlantiste de la classe dominante française, le Venezuela est également instrumentalisé à des fins de politique intérieure. Autrement dit, avec le Venezuela, le camp néolibéral fait d’une pierre, deux coups : relayer l’agenda géopolitique de Washington qui n’exclue pas une intervention militaire et donner des uppercuts à la gauche de transformation sociale (FI et PCF), quitte à banaliser l’aile la plus radicale de la droite vénézuélienne qui est aujourd’hui en position de force au sein de la MUD, la large et composite coalition d’opposition au chavisme. Il ne s’agit pas de prétendre ici que les forces de l’ordre vénézuéliennes ne seraient responsables de rien, qu’Hugo Chávez  Frías et son successeur seraient irréprochables et n’auraient commis aucune erreur, notamment en matière de diversification économique ou de lutte contre l’inflation ou bien encore que le « chavisme » ne compterait pas, dans ses rangs, des éléments corrompus ou radicaux. Il s’agit de mettre en lumière que le parti pris médiatique majoritaire en faveur de l’opposition vénézuélienne, y compris de l’extrême-droite, répond à la volonté de marteler, ici comme là-bas, qu’il n’y a pas d’alternative au modèle néolibéral et à ses avatars, pour reprendre la formule consacrée et popularisée en son temps par Margaret Thatcher, fidèle soutien de l’ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet.

Le Venezuela bolivarien, une pierre dans la chaussure des Etats-Unis d’Amérique

Hugo Chávez brandit un livre de Noam Chomsky à la tribune du siège des Nations-Unies en 2006

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez , devenu rapidement une figure mondiale de la lutte antiimpérialiste, les relations entre le Venezuela, qui dispose des premières réserves de pétrole brut au monde et les Etats-Unis d’Amérique, première puissance et plus grand consommateur de pétrole mondial, se sont notoirement détériorées. Il y a, d’ailleurs, une certaine continuité dans la politique agressive des Etats-Unis envers le Venezuela bolivarien entre les administrations Bush, Obama et Trump.  En avril 2002, le gouvernement Bush reconnait de facto le gouvernement Caldera, issu d’un putsch militaire contre Hugo Chávez  puis finit par se rétracter lorsque le coup d’état est mis en échec par un soulèvement populaire et une partie de l’armée restée fidèle au président démocratiquement élu. Du reste, le rôle des Etats-Unis d’Amérique dans ce coup d’état ne s’est pas limité à une simple reconnaissance du gouvernement putschiste. Dès lors, les relations ne cesseront plus de se détériorer entre les deux pays. En 2015, Barack Obama prend un décret qualifiant ni plus, ni moins, le Venezuela de « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis ». Qui peut sérieusement croire que les troupes bolivariennes s’apprêtent à envahir le pays disposant du premier budget militaire au monde ? Ce décret ahurissant sera prolongé et est toujours en vigueur aujourd’hui. En décembre 2016, Donald Trump, nomme Rex Tillerson au poste de secrétaire d’état, un homme qui a eu de lourds contentieux avec le gouvernement vénézuélien lorsqu’il était PDG de la compagnie pétrolière Exxon Mobil. La nouvelle administration annonce rapidement la couleur en multipliant les déclarations hostiles à l’égard de Caracas et en prenant, en février 2017, des sanctions financières contre le vice-président vénézuélien Tarik El Aissami, accusé de trafic de drogue. Bien entendu, aucune preuve ne sera apportée quant au présumé trafic de drogue et les sanctions consistent en un gel de ses avoirs éventuels aux Etats-Unis sans que l’on sache s’il a effectivement des avoirs aux Etats-Unis, l’idée étant avant tout de décrédibiliser le dirigeant vénézuélien aux yeux de l’opinion publique vénézuélienne et internationale. Tout change pour que rien ne change. Les médias français se sont contentés de relayer la propagande américaine sans la questionner.

La droite réactionnaire vénézuélienne jugée respectable dans la presse française

Fait inquiétant : la frange la plus extrême et « golpiste » de la droite vénézuélienne semble avoir les faveurs de l’administration Trump. La veille de l’élection de l’assemblée nationale constituante, le vice-président Mike Pence a téléphoné à Leopoldo López, figure de cette frange radicale, pour le féliciter pour « son courage et sa défense de la démocratie vénézuélienne ». Lilian Tintori, l’épouse de López, accompagnée de Marco Rubio, un sénateur républicain partisan de la ligne dure et de l’ingérence contre Cuba et le Venezuela, avait été reçue à la Maison Blanche par Donald Trump, quelques mois plus tôt. Qui se ressemble, s’assemble. Pourtant, après avoir largement pris parti pour la campagne d’Hillary Clinton au profil bien plus rassurant que Donald Trump, la presse française dominante, y compris celle qui se réclame de la « gauche » sociale-démocrate (Libération, L’Obs), ne semble guère s’émouvoir, aujourd’hui, de cette internationale de la droite réactionnaire entre les Etats-Unis d’Amérique et le Venezuela. Nous avons pourtant connu notre presse dominante plus engagée contre l’extrême-droite comme, par exemple, lorsqu’il s’agissait de faire campagne pour Emmanuel Macron au nom du vote utile contre Marine Le Pen.

Leopoldo López brandissant le tricolore vénézuélien

Il faut dire que la presse dominante a mis beaucoup d’eau dans son vin en ce qui concerne ses critiques à l’encontre de Trump depuis qu’il est à la tête de l’Etat nord-américain, comme on a pu notamment le constater lors de sa visite officielle le 14 juillet dernier. De plus, notre presse entretient de longue date un flou bien plus artistique que journalistique sur la véritable nature politique d’une partie de l’opposition vénézuélienne voire sur l’opposition tout court. Ainsi dans un article du Monde, on peut lire que la « Table de l’Unité Démocratique » (MUD) est une « coalition d’opposants qui va de l’extrême-gauche à la droite ». S’il existe bien une extrême-gauche et un « chavisme critique » au Venezuela comme Marea Socialista ou le journal Aporrea, ce courant politique n’a jamais fait partie de la MUD qui est une coalition qui va d’Acción Democratica, le parti social-démocrate historique converti au néolibéralisme dans les décennies 80-90 à la droite extrême de Vente Venezuela de Maria Corina Machado et de Voluntad Popular de Leopoldo López.

En février 2014, L’Obs publie un portrait dithyrambique de Leopoldo López. Sous la plume de la journaliste Sarah Diffalah, on peut lire que « sur la forme, comme sur le fond, Leopoldo López est plutôt brillant », que c’est un « homme de terrain », « combattif », qu’il a une « hauteur intellectuelle certaine », qu’il « peut se targuer d’une solide connaissance dans le domaine économique », que « la résistance à l’oppression et la lutte pour l’égalité, il y est tombé dedans tout petit », qu’il est un « époux modèle », qu’il a une « belle allure » et qu’il est devenu « le héros de toute une frange de la population ». On y apprend également que Leopoldo López est « de centre-gauche » ! Henrique Capriles, un autre leader de l’opposition, serait ainsi « plus à droite que lui ». Pourtant, dans le dernier portrait que L’Obs consacre à Leopoldo López, on lit bien qu’il « présente l’aile la plus radicale de la coalition d’opposition » ! Leopoldo López n’a pourtant pas évolué idéologiquement depuis 2014… et L’Obs non plus. Cherchez l’erreur.

Le magazine américain Foreign Policy, peu suspect de sympathie pour le chavisme, a publié, en 2015, un article sur la fabrication médiatique du personnage de Leopoldo López intitulé « The making of Leopoldo López » qui dresse un portrait de l’homme bien moins élogieux que celui de L’Obs. L’article répertorie notamment tous les éléments qui prouvent que Leopoldo López, à l’époque maire de la localité huppée de Chacao (Caracas), a joué un rôle dans le coup d’état d’avril 2002 quand bien même, par la suite, la campagne médiatique lancée par ses troupes a prétendu le contraire. L’article rappelle également qu’il est issu de l’une des familles les plus élitaires du Venezuela. Adolescent, il a confié au journal étudiant de la Hun School de Princeton qu’il appartient « au 1% de gens privilégiés ». Sa mère est une des dirigeantes du Groupe Cisnero, un conglomérat médiatique international et son père, homme d’affaires et restaurateur, siège au comité de rédaction de El Nacional, quotidien vénézuélien de référence d’opposition.  Ce n’est pas franchement ce qu’on appelle un homme du peuple. Après ses études aux Etats-Unis – au Kenyon College puis à la Kennedy School of Government de l’université d’Harvard -, il rentre au Venezuela où il travaille pour la compagnie pétrolière nationale PDVSA. Une enquête conclura plus tard que López et sa mère, qui travaillait également au sein de PDVSA, ont détourné des fonds de l’entreprise pour financer le parti Primero Justicia au sein duquel il militait. L’Humanité rappelle ses liens anciens et privilégiés avec les cercles du pouvoir à Washington ; en 2002, il rencontre la famille Bush puis rend visite à l’International Republican Institute, qui fait partie de la NED (National Endowment for Democracy) qui a injecté des millions de dollars dans les groupes d’opposition tels que Primero Justicia.

A gauche, Leopoldo Lopez, flanqué de Maria Corina Machado (à sa droite) fait la promotion de la « salida » lors d’une conférence de presse. A droite, des « manifestants » prenant la fuite après avoir lancé des cocktails molotov.

En 2015, Leopoldo López est condamné par la justice vénézuélienne à 13 ans et neuf mois de prison pour commission de délits d’incendie volontaire, incitation au trouble à l’ordre public, atteintes à la propriété publique et association de malfaiteurs. Il est condamné par la justice de son pays pour son rôle d’instigateur de violences de rue en 2014, connues sous le nom de « guarimbas » (barricades), pendant la campagne de la « salida » (la sortie) qui visait à « sortir » Nicolás Maduro du pouvoir, élu démocratiquement un an auparavant. Ces violence se solderont par 43 morts au total dont la moitié a été causée par les actions des groupes de choc de l’opposition et dont 5 décès impliquent les forces de l’ordre, selon le site indépendant Venezuelanalysis. L’opposition, les Etats-Unis et ses plus proches alliés vont s’employer à dénoncer un procès politique et vont lancer une vaste campagne médiatique internationale pour demander la libération de celui qui est désormais, à leurs yeux, un prisonnier politique (#FreeLeopoldo). La presse française dominante embraye le pas et prend fait et cause pour Leopoldo López. Pour le Monde, il est tout bonnement le prisonnier politique numéro 1 au Venezuela.

L’université publique San Cristobal ravagée par les flammes en 2014 lors de la « salida »

Pourtant, à l’époque, la procureure générale Luisa Ortega Diaz, qui, depuis qu’elle critique le gouvernement Maduro, est devenue la nouvelle coqueluche des médias occidentaux et suscite désormais l’admiration de Paulo Paranagua du Monde qui loue son « indépendance »,  estimait que ces « manifestations » « [étaient] violentes, agressives et [mettaient] en danger la liberté de ceux qui n’y participent pas ». Paulo Paranagua parlait, quant à lui, de « manifestations d’étudiants et d’opposants [sous-entendues pacifiques, ndlr], durement réprimées » dans un portrait à la gloire de Maria Corina Machado, très proche alliée politique de Leopoldo López, présentée comme la « pasionaria de la contestation au Venezuela » comme l’indique le titre de l’article. Notons que si Luisa Ortega est aujourd’hui très critique du gouvernement Maduro, elle n’a, en revanche, pas changé d’avis sur la culpabilité de Leopoldo López et la nature des faits qui lui ont valu sa condamnation. Dans l’article de Sarah Diffalah de l’Obs, la stratégie insurrectionnelle de la « salida » est qualifiée de « franche confrontation au pouvoir » qui constitue néanmoins « une petite ombre au tableau » de López, non pas pour son caractère antidémocratique et violent mais parce qu’ elle a créé des remous au sein de la coalition d’opposition car, selon la journaliste, « certains goûtent moyennement à sa nouvelle médiatisation ». Et la journaliste de se demander s’il ne ferait pas « des jaloux  ». Cette explication psychologisante s’explique peut-être par le fait que Leopoldo López avait déclaré à L’Obs, de passage à Paris, qu’il entendait trouver des « luttes non-violentes, à la façon de Martin Luther King » et que Sarah Diffalah a bu ses paroles au lieu de faire son travail de journaliste.

Des opposants armés et violents dans les quartiers riches de Caracas repeints volontiers en combattants de la liberté et de la démocratie

Orlando Figuera, 21 ans, poignardé puis brûlé vif par des opposants qui le suspectaient d’être chaviste en raison de la couleur de sa peau

Le chiffre incontestable de plus de 120 morts depuis le mois d’avril, date à laquelle l’opposition radicale a renoué avec la stratégie insurrectionnelle, est largement relayé dans la presse hexagonale sauf que l’on oublie souvent de préciser  que « des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre ont enregistré nombre de morts et de blessés » comme le rappelle José Fort, ancien chef du service Monde de l’Humanité, sur son blog. Par exemple, la mort d’Orlando José Figuera, 21 ans, poignardé puis brûlé vif par des partisans de l’opposition qui le suspectaient d’être chaviste en raison de la couleur noire de sa peau, en marge d’une « manifestation » dans le quartier cossu d’Altamira (Caracas), n’a pas fait les gros titres en France. On dénombre plusieurs cas similaires dans le décompte des morts.

José Felix Pineda, un candidat chaviste à l’assemblée nationale constituante, tué par balle à son domicile, la veille du scrutin

Exemple typique de ce qui s’apparente à un mensonge par omission : dans un article de Libération, on peut lire que « ces nouvelles violences portent à plus de 120 morts le bilan de quatre mois de mobilisation pour réclamer le départ de Nicolás Maduro » sans qu’aucune précision ne soit apportée quant à la cause de ces morts. On lit tout de même plus loin qu’« entre samedi et dimanche, quatre personnes, dont deux adolescents et un militaire, sont mortes dans l’Etat de Tachira, trois hommes dans celui de Merida, un dans celui de Lara, un autre dans celui de Zulia et un dirigeant étudiant dans l’état de Sucre, selon un bilan officiel. » Le journaliste omet cependant de mentionner que parmi ces morts, il y a celle de José Félix Pineda, candidat chaviste à l’assemblée constituante, tué par balle à son domicile. La manipulation médiatique consiste en un raccourci qui insinue que toutes les morts seraient causées par un usage disproportionné et illégitime de la force par les gardes nationaux et les policiers, et qu’il y aurait donc, au Venezuela, une répression systématique, meurtrière et indistincte des manifestants anti-Maduro forcément pacifiques. L’information partielle devient partiale. L’article de Libération est en outre illustré par une photo de gardes nationaux, accompagnée de la légende « des policiers vénézuéliens affrontent des manifestants le 30 juillet 2017 ». Les images jouent en effet un rôle central dans la construction d’une matrice médiatique.

Les titres d’articles jouent également un rôle fondamental dans la propagation de la matrice médiatique « Maduro = dictateur vs manifestants = démocrates réprimés dans le sang ». Et Marianne de titrer sur « l’assemblée constituante, élue dans un bain de sang », faisant écho au titre d’une vidéo de 20 minutes « Venezuela : après l’élection dans le sang de l’Assemblée constituante, l’avenir du pays est incertain », au titre de l’article du Dauphiné « après le bain de sang, le dictateur Maduro jette ses opposants en prison », à celui de L’express « Maduro saigne le Venezuela » ou encore au titre d’un article du Monde « Au Venezuela, une assemblée constituante élue dans le sang », signé par Paulo Paranagua, le journaliste chargé du suivi de l’Amérique Latine du quotidien, particulièrement décrié pour sa couverture de l’actualité vénézuélienne. A cet égard, Thierry Deronne, un belge installé de longue date au Venezuela, a écrit et publié, cette année, sur son blog, un article décryptant le traitement pour le moins discutable du Venezuela par Le Monde et Maurice Lemoine, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique, s’était fendu, en 2014, d’un courrier au médiateur du Monde à ce sujet.

Une guarimba et ses guarimberos. Pacifique ?

Au micro de la radio suisse RTS (07/07/2017), le même Maurice Lemoine s’insurge contre ces raccourcis médiatiques : « J’y suis allé pendant trois semaines [au Venezuela, ndlr]. Les manifestations de l’opposition sont extrêmement violentes, c’est-à-dire que vous avez une opposition qui défile de 10h du matin jusqu’à 1h de l’après-midi et, ensuite, elle est remplacée par des groupes de choc de l’extrême-droite avec des délinquants. […] Ils sont très équipés et c’est une violence qui n’a strictement rien à avoir avec les manifestations que nous avons ici en Europe. On vous dit « répression des manifestations au Venezuela, 90 morts ». C’est pas vrai ! C’est pas vrai ! […] En tant que journaliste, je m’insurge et je suis très en colère. Dans les 90 morts, vous avez 8 policiers et gardes nationaux qui ont été tués par balle. Vous avez, la semaine dernière, deux jeunes manifestants qui se sont fait péter avec des explosifs artisanaux. Vous avez des gens, des chavistes, qui essayent de passer une barricade et qui sont tués par balle, c’est-à-dire que la majorité des victimes ne sont pas des opposants tués par les forces de l’ordre et, y compris dans les cas – parce qu’il y en a eu – de grosses bavures et de manifestants qui sont victimes des forces de l’ordre, les gardes nationaux ou les policiers sont actuellement entre les mains de la justice. Il y a une présentation du phénomène qui, de mon point de vue de journaliste, est très manipulatrice. »

1er septembre 2016, la « toma de Caracas » de la MUD (en bas) contre la « marea roja por la paz » des chavistes (en haut)

En outre, la presse mainstream insiste lourdement sur la « polarisation politique », certes incontestable, au Venezuela pour mieux cacher une polarisation sociale à la base du conflit politique. Comme le souligne Christophe Ventura, chercheur à l’IRIS et spécialiste de l’Amérique Latine, dans une interview à L’Obs, « l’opposition peut se targuer d’avoir le soutien d’une partie de la population mais il ne s’agit sûrement pas du peuple « populaire ». Principalement, ce sont des classes moyennes, aisées, jusqu’à l’oligarchie locale tandis que le chavisme s’appuie sur des classes plus populaires, voire pauvres. En fait, le conflit politique qui se joue aujourd’hui cache une sorte de lutte des classes. L’opposition a donc un appui populaire en termes de population mais pas dans les classes populaires. » Les manifestations de l’opposition se concentrent, en effet, dans les localités cossues de l’est de la capitale (Chacao, Altamira) gouvernées par l’opposition tandis que les barrios populaires de l’ouest de la capitale restent calmes. La base sociale de l’opposition est un détail qui semble déranger la presse mainstream dans la construction du récit médiatique d’un peuple tout entier, d’un côté, dressé contre le « régime » de Nicolás Maduro et sa « bolibourgeoisie » qui le martyrise en retour, de l’autre côté. Ainsi, les manifestations pro-chavistes qui se déroulent d’ordinaire dans le centre de Caracas sont souvent invisibilisés dans les médias français. Le 1er septembre 2016, l’opposition avait appelé à une manifestation baptisée « la prise de Caracas » et les chavistes avaient organisé, le même jour, une contre-manifestation baptisée « marée rouge pour la paix ». Une journée de double-mobilisation donc. Le Monde titrera sur « la démonstration de force des opposants au président Maduro » en ne mentionnant qu’en toute fin d’article que les chavistes avaient organisé une manifestation le même jour qui « a réuni quelques milliers de personnes ». Ces quelques milliers de chavistes, n’auront pas le droit, eux, à une photo et une vidéo de leur manifestation… D’autant plus qu’ils étaient sans doute plus nombreux que ce que veut bien en dire le quotidien. Dans un article relatant une manifestation d’opposition de vénézuéliens installés à Madrid qui a eu lieu quelques jours plus tard,  Le Monde mentionne la « prise de Caracas » du 1er septembre mais réussit le tour de force de ne pas mentionner une seule fois la « marée rouge » chaviste. En réalité, les deux camps politiques avaient réuni beaucoup de monde, chacun de leur côté, illustrant ainsi la polarisation politique et sociale du Venezuela.

A gauche, des guarimberos trop souvent présentés dans notre presse comme des manifestants non violents. A droite, des militaires blessés par une explosion, le jour de l’élection pour la constituante. Une vidéo de l’attaque relayée par le Times : https://www.youtube.com/watch?v=_aZeqpD4ggM

Les photos des manifestations de l’opposition et des heurts avec les forces de l’ordre sont largement diffusées et les événements sont traités comme un tout indistinct alors que ces mobilisations d’opposition se déroulent en deux temps, comme l’explique Maurice Lemoine et que les manifestants pacifiques de la matinée ne sont pas les mêmes « manifestants » qui, encagoulés, casqués et armés, s’en prennent aux forces de l’ordre dans l’après-midi. Cet amalgame rappelle le traitement médiatique des mobilisations sociales contre la Loi Travail sauf que, dans le cas français, les médias de masse avaient pris fait et cause pour le gouvernement et les forces de l’ordre et avaient stigmatisé le mouvement social, en amalgamant manifestants et casseurs qui passeraient, soit dit en passant, pour des enfants de chœur à côté des groupes de choc de l’opposition vénézuélienne. Ce parti pris médiatique majoritaire s’explique sans doute parce qu’au Venezuela, le gouvernement est antilibéral et l’opposition est néolibérale, conservatrice voire réactionnaire tandis qu’en France, c’est précisément l’inverse. Sous couvert de dénoncer la violence, la presse de la classe dominante défend, en réalité, à Paris comme à Caracas, les intérêts de la classe dominante.

 Le Venezuela devient un sujet de politique intérieure en France

Un dessin du caricaturiste Plantu pour L’Express

Après avoir publié  une interview de Christophe Ventura en contradiction avec sa ligne éditoriale, certes relayée sur sa page Facebook à une heure creuse et tardive (lundi 31/07/2017 à 21h41) et sans véritable accroche, L’Obs renoue avec la stratégie d’instrumentalisation du dossier vénézuélien pour faire le procès de la gauche antilibérale française en relayant sur Facebook le surlendemain, cette fois-ci à une heure de pointe (18h30 pétantes), un article intitulé « Venezuela : La France Insoumise peine à expliquer sa position sur Maduro », agrémenté de la photo choc d’une accolade entre Hugo Chávez et Jean-Luc Mélenchon. Le texte introductif précise qu’un tweet a refait surface. Un tweet qui date de… 2013. Plutôt que d’informer les lecteurs sur la situation au Venezuela, la priorité semble donc être de mettre l’accent sur des enjeux purement intérieurs. Une avalanche d’articles dénonçant les « ambiguïtés » de la France Insoumise s’abat sur la presse hexagonale. Le Lab d’Europe 1 se demande « comment la France Insoumise justifie les positions pro-Maduro de Mélenchon ». A France Info, on semble avoir la réponse : « désinformation », situation « compliquée » : comment des députés de La France Insoumise analysent la crise vénézuélienne ».

L’hebdomadaire Marianne, quant à lui, parle des « positions équilibristes de la France Insoumise et du PCF ». LCI titre sur le « malaise de la France Insoumise au sujet de Maduro » puis publie une sorte de dossier sur « Jean-Luc Mélenchon et le régime chaviste : économie, Poutine, constituante, les points communs, les différences ». Une partie de la presse alternative et indépendante de gauche n’est pas en reste non plus, à l’instar de Mediapart qui se fait depuis plusieurs mois le relai médiatique en France du « chavisme critique », un courant politique qui participe depuis longtemps au débat d’idées au Venezuela et qui n’est pas dénué d’intérêt pour comprendre la réalité complexe du pays et de sa « révolution bolivarienne ». Ainsi, le journal d’Edwy Plenel, très modérément alternatif sur l’international et sur Mélenchon, en profite pour régler ses comptes avec la FI et le PCF en dénonçant leurs « pudeurs de gazelle pour le Venezuela ». Les députés insoumis sont sommés de s’expliquer à l’instar d’Eric Coquerel face aux journalistes d’Europe 1 qui ne lui ont posé presque que des questions sur le Venezuela alors qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une émission spéciale sur le pays latino-américain. Ce déploiement médiatique ressemble furieusement à une injonction morale faite à la France Insoumise et à son chef de file dont on reproche avec insistance le silence sur le sujet, de condamner, bien entendu, ce « régime » honni et de souscrire au discours dominant. Les insoumis et les communistes français ne sont pas seuls au monde dans cette galère médiatique. Unidos Podemos, en Espagne, fait face au même procès médiatique depuis des années. Outre-Manche, c’est Jeremy Corbyn et ses camarades qui sont, en ce moment, sur la sellette.

Florilège de tweets d’hier et d’aujourd’hui

Cette instrumentalisation franco-française du Venezuela ne date pas d’hier. On se souvient par exemple de la polémique lancée par Patrick Cohen, à 10 jours du 1er tour des élections présidentielles, sur l’ALBA, de la manchette du Figaro du 12 avril « Mélenchon : le délirant projet du Chavez français » et des nombreux parallèles à charge entre le Venezuela bolivarien et le projet politique du candidat qui ont émaillé la campagne. La rengaine a continué pendant les élections législatives avec un article du Point sobrement intitulé  « Venezuela, l’enfer mélenchoniste », publié la veille du second tour. Aujourd’hui, le coup de projecteur médiatique sur l’élection de l’assemblée constituante vénézuélienne est, une fois encore, l’occasion d’instruire le procès des mouvements antilibéraux français : ainsi, pour Eric Le Boucher (Slate), le Venezuela est « la vitrine de l’échec du mélenchonisme. En réalité, la FI et le PCF, ont tort, aux yeux du parti médiatique, de ne pas adhérer au manichéisme ambiant sur une situation aussi grave et complexe et à sa décontextualisation géopolitique. Ils refusent également d’alimenter la diabolisation et le vieux procès en dictature que se traîne le chavisme depuis presque toujours alors qu’en 18 ans de « révolution bolivarienne », 25 scrutins reconnus comme transparents par les observateurs internationaux ont été organisés, que l’opposition contrôle d’importantes villes, des États et l’Assemblée Nationale et que les médias privés d’opposition sont majoritaires (El Universal, Tal Cual, Ultimas Noticias, El Nacional  Venevision, Televen, Globovision, etc.). Que la gauche antilibérale puisse considérer le chavisme comme une source d’inspiration pour ses politiques de redistribution des richesses et non pas un modèle « exportable » en France, contrairement à ce que bon nombre de journalistes tentent d’insinuer (Nicolas Prissette à Eric Coquerel, sur un ton emporté, « franchement, est-ce que c’est ça, le modèle vénézuélien que vous défendez ? » sur Europe 1) semble être un délit d’opinion dans notre pays.

Puisque le Venezuela est en passe de devenir un véritable sujet de politique intérieure, rappelons aux éditorialistes de tout poil et autres tenants de l’ordre établi que, par leur atlantisme aveugle et leur libéralisme économique forcené, ils se persuadent qu’ils défendent la liberté et la démocratie au Venezuela alors qu’ils sont tout simplement en train d’apporter un soutien médiatique et politique international décisif à la stratégie violente de l’extrême-droite vénézuélienne et ce, quelles que soient les critiques légitimes que l’on puisse faire à l’exécutif vénézuélien et aux chavistes. Leur crédibilité risque d’être sérieusement entamée la prochaine fois qu’ils ressortiront l’épouvantail électoral du Front National pour faire voter « utile ».

Crédits photo :

http://www.el-nacional.com/noticias/bbc-mundo/orlando-jose-figuera-joven-que-incendiaron-una-protesta-venezuela_183799

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2006/09/22/un-livre-de-noam-chomsky-s-offre-une-seconde-jeunesse-grace-a-hugo-chavez_816027_3222.html

https://twitter.com/PartidoPSUV/status/771411605171101700/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.telesurtv.net%2Fnews%2FNicolás-Maduro-la-oposicion-fracaso-una-vez-mas-la-victoria-es-de-la-paz-y-del-pueblo-20160901-0036.html

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/02/au-venezuela-la-demonstration-de-forces-des-opposants-au-president-maduro_4991289_3222.html

https://www.humanite.fr/leopoldo-Lopez-un-delinquant-de-premiere-soutenu-par-washington-639611

https://www.irishtimes.com/news/world/venezuela-grows-increasingly-isolated-after-election-1.3172181

http://www.medelu.org/Venezuela-la-fabrique-de-la

http://www.eldiario.es/internacional/Asesinado-candidato-Asamblea-Constituyente-Venezuela_0_670533235.html

https://www.yahoo.com/news/venezuela-marchas-favor-y-contra-el-gobierno-212243924.html

 

Source de cet article : Venezuela : l’indulgence de la presse française pour la violence d’extrême-droite, http://lvsl.fr/venezuela-indulgence-presse-francaise-pour-violence-d-extreme-droite

Posté par ALLIENORD à 17:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

De chouettes affiches POUR LE VOIR , CLIQUEZ SUR LE TITRE CI-DESSOUS :

15 Août 2017                                                                                                    

                                    

                                        Publié par El Diablo                                    

                                                                

                                                                                    AFFICHES : le 1er Mai à travers le Monde (1)                                                                                                                                             

                                

Ces affiches sont extraites d'une brochure publiée à l'occasion de la Fête de l'Humanité 2005. Tous ces documents ont été rassemblés par Bernard Champelovier, collectionneur, et sont publiées ici avec son accord.

russie-1920.jpg

france-1926.jpg

france-1941.jpg

france-1943.jpg

à suivre

                                

                                                                                     #Images

Posté par ALLIENORD à 16:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Seule la lutte est payante !!!

Focus sur les luttes                                                                                    

Publié le              16 août 2017                                                                                                                                                                                                           par FSC                                                                                            

Communication de notre camarade Jo Hernandez :

 

Les en cours :

  • des bus et trams TAN à Nantes du 12 au 14 août 2017
  • des trains SNCF en Bourgogne Nord du 12 au 15 août 2017

Les grèves à venir :

  • des trains SNCF en Centre-Val de Loire les 13 et 14 août 2017
  • des pharmacies de Nouvelle-Calédonie du 14 août au 3 septembre 2017
  • au Centre Hospitalier du Val-d’Ariège dès le 1er septembre 2017
  • des animateurs des écoles de Paris le 1er septembre 2017
  • au collège Turenne à Sedan le 4 septembre 2017
  • au collège Maria-Casarès à Rillieux-la-Pape dès le 4 septembre 2017
  • au collège Marie Curie – Les Lilas le 4 septembre 2017
  • au lycée Jean Zay à Aulnay-sous-Bois le 4 septembre 2017
  • des pilotes d’Air France du 9 au 12 septembre 2017
  • générale et nationale le 12 septembre 2017
  • Journée nationale d’action le 23 septembre 2017

Revue de presse des luttes :

La lutte paie : Après trois mois de grève, la direction de VDS veut négocier

Source : CGT

Le camarade Konateh, agent de nettoyage depuis dix-huit ans au ministère des Finances, menacé de licenciement du fait d’un changement de sous-traitant, serait en passe d’être réintégré. Rappelons que les salariés du nettoyage du centre des finances publiques du deuxième arrondissement de Paris sont en grève depuis le 25 avril dernier. Cause du conflit : leur nouvel employeur, VDS, voulait licencier Konateh, mais aussi baisser le salaire de deux autres salariés.

Récemment, les salariés en grève, soutenus par la CGT 75 finances publiques et l’UL CGT de Paris, ont décidé d’assigner au tribunal des prudhommes la société VDS, ce qui a incité sa direction à négocier… Le premier rendez-vous d’audience aux prudhommes a été fixé le 4 septembre.

Deux rencontres avec l’employeur ont eu lieu les 28 juillet et 1er août. Un protocole d’accord de fin de conflit a été proposé : embauche de Konateh, mais pas sur le site du centre des finances ; avenant aux contrats des deux autres salariés leur garantissant 70,1 heures par mois et rappel des arriérés depuis le 1er janvier ; retrait de l’avertissement reçu par le chef d’équipe ; désistement par les trois salariés de leur action en prudhomme.

La CGT fait remarquer que l’employeur tente de diviser les salariés en acceptant de payer les jours de grève à deux employés, et en refusant le même traitement à deux autres salariés.

Par ailleurs, les grévistes avancent d’autres revendications, comme la reprise de toutes les clauses de leurs anciens contrat de travail, le remplacement des salariés absents pour maladie et vacances, l’embauche de personnels remplaçants, le paiement des jours de grève de l’ensemble des salariés. « Les sociétés de nettoyage doivent respecter le Code du travail et leur convention collective », rappelle la CGT.

Fonderie de Bretagne | Grève gagnante pour améliorer les conditions de travail

Source : CGT

Alors que depuis 6 mois le syndicat alerte sur les conditions de travail sur une nouvelle chaîne, il aura fallu 24h de grève pour faire bouger la direction. La hausse des températures fin juin aura été l’élément déclencheur alors que les conditions de travail devenaient infernales. A cela s’ajoute le cas d’une salariée d’une trentaine d’années, qui connaît de gros problèmes de santé, dus aux conditions de travail. La direction voulait la licencier. Après deux réunions de négociations, le blocage a été levé en contrepartie de garanties. La direction est revenue sur son projet de licenciement de la salariée en inaptitude. Pour la CGT, « le reclassement des salarié(e)s usé(e)s par les conditions de travail imposés par le patronat, reste et restera une bataille solidaire ». Concernant les conditions de travail pour l’ensemble des salariés de la nouvelle ligne de production, les salariés ont gagné de nouvelles avancées comme la mise en place d’outil d’assistance ou la climatisation de la cabine de pilotage coulée.

Nantes des conducteurs de la Semitan samedi 5 août

Source : Presse Océan

La CGT Semitan a déposé un préavis de grève courant du 15 juin au 1er octobre pour réduire le délai (le signaler 48 h avant) et organiser une journée d’action plus rapidement. Samedi 5 août, la CGT met en vigueur ce préavis en appelant à la grève pour protester contre les conditions de travail et salariales.

Une partie du personnel de l’hôpital en grève à Entrevaux

Source : Nice Matin

Pour la première fois dans l’histoire de l’établissement hospitalier d’Entrevaux, une partie du personnel s’est mise en grève, hier. L’objectif ? Dénoncer des conditions de travail qui se dégradent de jour en jour.

Les grévistes se disent inquiets « de la suppression de lits hospitaliers à Entrevaux, qui accueillent des personnes âgées dépendantes. »

Hôpital San Salvadour(83) : les agents hospitaliers donnent l’alerte

Source : La Marseillaise

L’intersyndicale (CGT, FO et Sud) de l’hôpital San Salvadour dénonce la maltraitance dont sont victimes les personnels et expose les revendications salariales. Le préavis de grève arrive à échéance ce jeudi 03 juillet et les actions devraient démarrer après la réunion sur le dialogue social si la direction ne parvient pas à désamorcer le conflit.

Pas de trêve estivale pour le personnel hospitalier de San Salvadour qui se tient prêt à la mobilisation, à l’appel de l’intersyndicale réunissant la CGT, FO et Sud : « Pour déjouer les manœuvres des directions de l’AP-HP et locales. » Le ton est donné et le ras-le-bol palpable.

« Pendant que les personnels s’échinent à travailler dans les pires difficultés, les tentatives autoritaires de Hirsch et des directions locales sont porteuses d’aggravation de l’absentéisme, d’aggravation de la dégradation des conditions de travail, d’aggravation de la souffrance au travail. » On ne peut faire plus explicité.

L’intersyndicale parle même de véritable maltraitance dont serait victime le personnel. Et qu’on ne viennent pas les chatouiller avec l’opération « bienveillance » mise en place localement, au risque d’en prendre pour ses frais : « Ce n’est qu’un leurre, un véritable enfumage ! » rétorquent les militants syndicaux qui n’ont pas pour autant rompu le dialogue avec la direction.

Un nouvel appel du pied lancé d’ailleurs lors de l’émission du préavis de grève pour trouver « une solution satisfaisant les personnels concernés » n’a pour l’heure visiblement pas été entendu.

Il faut dire qu’au registre des doléances figure l’arrêt définitif de la mise en place des cycles dits « cycles Vogler » : « C’est le nom d’un cabinet de consulting qui dans le monde hospitalier a créé un cycle de travail qui respecte le bien-être des directions mais pas celui des personnels », explique Jérôme Juignet, le secrétaire adjoint du syndicat CGT. Avec, parmi les joyeusetés au programme : la possibilité de scinder les deux jours de repos consécutifs.

La Pointe-du-Bout au rythme de la grève à Vedettes Tropicales

Source : France-Martinique

Depuis jeudi dernier, il n’y a plus de liaisons maritimes entre Fort-de-France et la Pointe-du-Bout, en raison d’une grève aux Vedettes Tropicales. Un mouvement qui touche aussi bien ceux qui travaillent que les Foyalais, notamment, souhaitant profiter des plaisirs de ce site touristique.

 

Posté par ALLIENORD à 16:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Intéressant !!!

La pression monte !                                                                                    

Publié le       17 août 2017           par FSC                                                                                            

Les Echos en bon journal au service du patronat et des contre-réformes s'inquiète dans cet article comme dans d'autres expressions sur les chances que ça passe sans réplique puissante du monde du travail.

Il prétend que des négociations se sont réellement tenues avec les syndicats bien que le flou entretenu par le pouvoir, les diverses manoeuvres et pratiques de division indiquent qu'ils ne sont assurés de rien quant à la nature et à l'ampleur de ce qui se prépare, notamment à partir du 12 septembre.

Car à présent comme en tout temps c'est aux travailleurs que revient le dernier mot en définitive!

 

 

Posté par ALLIENORD à 16:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Tous en Grève le 12 !!!

Loi Travail XXL, 30 ans de recul social ! Ça suffit !!!                                                                                                                                                                                             17 Août 2017                                        

Ces dernières décennies sont caractérisées par une véritable offensive progressive contre nos conditions de vie et contre nos droits, offensive menée à pas de charge depuis l'arrivé de Macron à la direction de l’état. Il nous faut reconnaître que nous sommes de plein pied dans l’étape vers le véritable objectif de ceux qui tiennent les manettes : le retour au temps joyeux de Zola, où nous n'avions rien et où ils avaient tout.    L’analyse de la politique économique et sociale de ces dernières années, des divers gouvernements successifs, démontre l’arrogance et l’agressivité de la réaction au pouvoir. Leurs offensives incessantes et implacables se traduisent par un véritable coup d’état social permanent, s’effectuant sous nos yeux, et, nous refoulant constamment en arrière. Aujourd’hui, ou que l’on regarde, on voit les signes d’une société qui fait marche arrière. Tous nos acquis sociaux sont en train d’être éradiqués les uns après les autres. Ils nous dérobent tout ! notre retraite, notre sécurité sociale, nos allocations chômages, nos 35 heures. Le code du travail est vidé de sa substance principale. Dans le même temps, tous ce qui constitue un «fardeau » et une entrave à la sauvegarde et à la progression du capital et de ses profits doit-être liquidé : les systèmes de protections sociales, les droits syndicaux, les services publics. La grande braderie des gouvernements précédents continue, est comme pour les soldes, liquidation totale !, tout doit disparaître !, tout doit être privatisé. L’avidité du capital est sans limite : hôpitaux, écoles, H.L.M., tous doivent répondre ainsi à la soif de nouveaux profits qu’exige l’appétit du capital. Le capital veut pouvoir embaucher ou jeter les salariés comme les spéculateurs achètent ou vendent des actions. Pour Gattaz l’honorable représentant de l’internationale du profit, seul compte à ses yeux, la progression du pouvoir d’achat du capital, auquel rien ne doit y résister et s’y opposer. Il s’agit donc de démolir progressivement, mais le plus rapidement possible, toutes les conquêtes sociales obtenues par le mouvement syndical et politique depuis plus de 150 années. Conquêtes, le plus souvent obtenues, par des luttes longues et acharnées. Tous nos acquis qui nous servent de sauvegarde contre la paupérisation et la précarisation de nos vies, sont autant de survivance de « la lutte des classes » qu’il faut bannir définitivement de la société. Il obtient tout simplement un retour aux XIX siècle, ou le « contrat de travail » était soumis au régime du « louage de service » de l’article 1780 du Code Civil. Il n’y a pratiquement aucuns salariés, aucuns retraités et aucuns jeunes – en dehors de la sphère étriquée des familles capitalistes – qui n’est rien à craindre face à cette offensive, orchestrée par la classe dirigeante pour le compte de la minorité parasitaire que forme les familles capitalistes et qui sont bien décidé à exercer leur pouvoir de gouvernement, menaçant tous les aspects de la vie. Le capitalisme et un système rapace et impitoyable. Il livre une guerre économique permanente, dans laquelle les salariés tiennent lieu de « chair à canon », cependant que les capitalistes encaissent le butin. Dans leur lutte pour la domination des marchés, ils dressent une entreprise contre une autre, un pays contre un autre. Le camps qui l’emporte est celui qui paie les salaires les plus bas et n’est pas handicapé par ces « fardeaux » que sont les systèmes de protection sociale, les droits syndicaux, les services publics. Il est donc temps de déployer la force de notre classe ! Car les forces de l'argent ont décidé qu'elles en avaient marre de concéder des miettes aux pauvres pour avoir la paix. Ce sont nos exploiteurs qui ont décidé que nous étions des gêneurs, des surnuméraires, des empêcheurs de jouir de tout comme des porcs. Alors, ils reprennent tout : le droit de se reposer après une vie de labeur, le droit de ne pas vieillir dans la misère, le droit d'être soigné, le droit d'être instruit, le droit d'être convenablement nourris, le droit d'être correctement logé, le droit d’être protégé, le droit à une vie décente. Si nous faiblissons, nous sommes perdus. Ils sont à l'affût, avec la suite de leur programme ignoble : encore des remboursements en moins, encore des subventions qui s'assèchent, encore des taxes qui frappent dur les plus pauvres, encore des restrictions, encore de l’austérité, encore de la déconstruction sociale, encore, encore, comme une litanie, encore, encore, comme notre sang qui s'écoule doucement sur les pavés, encore, encore, comme la curée de la meute, encore, encore... Nous sommes au cœur d'une véritable guerre des classes, une guerre sociale, dont nous n'avons plus le droit à la défaite. Si nous fléchissons maintenant, ils nous achèveront demain. Nous faire trimer jusqu'à la tombe n'est que le début, avant le retour à l’esclavage !

Le 12 en grève, dans la rue et on y reste !!!

Posté par ALLIENORD à 16:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]